Le surf, un art de vivre au-delà du sport

Publié le : 27/07/2017
La déferlante du surf ne connaît pas de mauvais remous depuis sa démocratisation dans les années 20, et continue de pointer parmi les sports les plus cools jamais inventés. Mais par le prisme de la discipline, c’est un tout nouveau monde que l’on découvre. Dans L’instinct de la glisse, Lodewijk Allaert écrivait : « La glisse n’est ni un vecteur d’esbroufe ni un enchaînement de manœuvres spectaculaires, mais un art de vivre, une philosophie. » C’est dans cet univers aussi passionnant qu’exaltant que nous vous invitons aujourd’hui à plonger.

Au XVIIIe siècle, le capitaine Cook débarque sur l’île d’Hawaii pour découvrir le He’enalu, un jeu dangereux où l’homme apprend a dompter l’océan sur une planche de bois. A cette époque, le surf se pratiquait alors couché, et dépendait d’un rituel lourd de signification.

« Les hommes, parfois par vingt ou trente, remontent le flot sans se préoccuper de la houle et restent allongés à plat sur des morceaux de bois plats et ovales d’environ leur taille et largeur. Ils gardent les jambes serrées dessus et se servent de leurs bras pour guider ces planches. Ils attendent alors les plus grosses vagues qui cassent sur la rive et tous ensemble poussent sur leurs bras pour rester sur la crête de ces vagues, qui les propulsent alors avec une étonnante vélocité », James King (lieutenant survivant de James Cook)

Au-delà de la simple distraction, les chefs de tribu hawaïens – hommes ou femmes – surfaient pour démontrer leur talent et leur habileté, et ainsi élever leur rang dans la société. Voilà pourquoi on surnomme encore aujourd’hui le surf, le Sport des Rois. Une réputation royale qui a perduré à travers les récits de Jack London, qui le décrivait comme « Un sport de roi, pour les rois naturels de la terre ».

Depuis toujours, la discipline inspire les artistes, qu’ils soient écrivains, peintres, designers, musiciens, réalisateurs… Et pas uniquement le cliché du marginal californien. Le surf a lui aussi un penchant pour l’élégance et le raffinement. Plongeon au cœur d’un bouillonnement culturel à contre-courant.

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« Le surf est le seul sport qui ait donné naissance à sa propre culture », Robert Frederickson
(président de l’International Surfing Museum)

Musique

Premier coup de cœur de la rédaction : la mise en images des prouesses du surfer Adrien Valéro par le réalisateur Sébastien Chebassier, sur une interprétation du guitariste mondialement célèbre Thibault Cauvin – à qui l’on doit notamment un merveilleux concert sur la tour Eiffel en janvier dernier. Le résultat, un court métrage en noir et blanc nommé A l’infini pour ma mère d’après la composition de Philippe Cauvin, est un mélange d’univers et de talents d’une beauté et d’une élégance rares.

Peinture

En matière d’art pictural, notre affection va aux tableaux en relief de Sally West. A travers ses Etudes de plages, la jeune artiste australienne nous invite au voyage.

Littérature

Côté littérature, Les Garçons de l’été de Rebecca Lighieri et Jours Barbares de William Finnegan ne quittent plus notre sac de plage et notre chevet une fois rentré.

Forts de leurs études brillantes, de leur famille convenable et convenue, de leur beauté radieuse et de leur maîtrise du surf, Thadée et Zachée ont cru que l’été serait sans fin. Que la vie se passerait à chevaucher les vagues, entre jaillissements d’embruns et poudroiements de lumière. Mais en mutilant sauvagement Thadée, un requin-bouledogue le prive de l’existence heureuse auquel il semblait voué. La bonne santé des uns et la sollicitude des autres le poussent à bout, il se révèle jaloux, envieux et même… psychopathe. A l’atmosphère du surf retranscrite avec vraisemblance, l’auteure ajoute la tension d’un thriller parfaitement mené, terrorisant à souhait. Elle prend un plaisir communicatif à s’acharner sur les mensonges et les conventions sociales qu’elle démonte avec une joyeuse cruauté.

Le surf ressemble à un sport, un passe-temps. Mais pour ses initiés c’est une addiction merveilleuse, une initiation exigeante, un art de vivre. Elevé en Californie et à Hawaï, William Finnegan a commencé le surf enfant. Après l’université, il a traqué les vagues aux quatre coins du monde, des îles Fidji à l’Indonésie, aux plages bondées de Los Angeles en passant par les déserts australiens et les townships de Johannesburg. Une passion dévorante que ce reporter de guerre aura longtemps cachée. À travers ses mémoires, il raconte une vie à contre-courant, à la recherche d’une autre voie au-delà de la réussite, de l’argent et du carriérisme ; et avec une infinie pudeur, dépeint le portrait d’un homme qui aura trouvé dans son rapport à l’océan une échappatoire au monde et une source constante d’émerveillement.

Design

Les designers aussi surfent sur cet univers à part. Les petits frenchies de Bolge, ou la parfaite association entre un designer et un surfer, se sont inspirés de l’art du shape – l’artisanat de confection des planches – pour créer une ligne de mobilier.

Adresses

Dans le carnet d’adresses de la rédaction, on retrouve bien sûr l’inégalable Hôtel du Palais à Biarritz, mais aussi le mythique Surf Club de Miami, tout juste révampé par l’architecte new-yorkais Richard Meier et le décorateur parisien Joseph Dirand.

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Planche

Et enfin, parce qu’on suppose que cette immersion dans la culture du surf aura éveillé quelques désirs de glisse et de liberté, nous ne pouvions pas vous quitter sans une ultime référence, pratique celle-ci… Entre toutes les planches, nous avons choisi la Longboard Old School Noseride de Notox. En liège et entièrement Made in France, elle est légère, eco-responsable et design. Idéale pour se lancer avec plaisir.

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Image en couverture : Austin Neill / Unplash
Publié le : 27/07/2017
Rubrique : À découvrir