Art de la table : nos coups de cœur de la rentrée

Art de la table : nos coups de cœur de la rentrée

Publié le : 19/09/2017
« Art de la table », quelle belle façon de le dire. Inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco, le savoir-manger à la Française transforme les simples assiettes, couverts et saladiers en sculptures et tableaux à la fois utiles et beaux. Des créations d’artisans et designers qui nous accompagnent au quotidien, et pour lesquels nos appétits balancent. 

Notre premier coup de cœur va à une maison d’édition qui déploie ses jeunes ailes cette année. Inspiré par une histoire familiale, Maison Fragile associe de façon intelligente et décomplexée le savoir-faire français (porcelaine de Limoges et de Sèvres, faïence, cristallerie…) à la nouvelle génération d’artistes French touch.

Pour sa première collection baptisée Rue de Paradis, la fondatrice Mary Castel a fait appel aux illustratrices Vainui De Castelbajac et Safia Ouares, à la chanteuse Alexia Gredy et au calligraphe Nicolas Ouche-Nir, à l’artiste plasticien Etienne Bardelli, et le photographe Charles Petit. Le résultat est onirique, graphique, sensible et élégant. 

Après une belle campagne de crowdfunding, le succès de la maison est tel que les collaborations ne cessent de se présenter. La prochaine en date : un Dîner Paradisiaque pour lequel le chef Alexandre Furtado interprète ses recettes sur les assiettes de la collection Rue de Paradis, le 23 septembre au Bistro Paradis. 

Différente mais tout autant réjouissante, la collection Bump de Tom Dixon présentée au salon Maison & Objet. Destinées à la préparation et dégustation de boissons chaudes, ses créations de verre adoptent un look très laborantin.

Un clin d’œil à l’alchimie des saveurs et au processus scientifique de l’infusion ? Sans doute aussi une revisite moderne du verre Beldi, emblème des souffleurs de verre marocains créé il y a plus de 60 ans pour le service du thé. 

Troisième coup de cœur de cette rentrée : la collaboration entre le célèbre concept-store parisien Merci et la maison d’édition Serax. Nommée La Nouvelle table, cette collection est un véritable moulage de nos habitudes et de notre gourmandise modernes.

En se penchant sur le phénomène de la Slow food, merci s’est rendu compte que l’on préférait aujourd’hui picorer des aliments de grande qualité dans des smalls plates, seul ou à plusieurs, et un peu partout : sur le canapé, devant notre ordinateur sur le bureau, sur le bar de la cuisine installés sur une chaise haute… 

Alors les designers ont imaginé un puzzle d’éléments de différentes tailles à empiler ou étaler, qui s’adapte à chaque type de menu. Sans oublier une collection d’ « outils à manger » conçue encore une fois en fonction de nos nouveaux besoins et envies. 

Certes plus originales mais totalement saisissantes de beauté, les créations d’Essarai Ceramics nous invitent dans un monde féerique et précieux. Réalisée par Collin Lynch, cette collection de tasses, vases et bols semble avoir été taillée dans des gisements de quartz. Impossible alors de prendre ces mugs géants à pleine main, condamnés que nous sommes à déguster leur contenu avec précaution et délectation.

Enfin, notre dernier (mais non des moindres) coup de cœur revient à la collection Splateware du collectif Assemble, qui donne une nouvelle dimension au terme « pièce unique ». Après avoir remporté l’un des plus prestigieux prix artistiques en Angleterre, le collectif s’est lancé dans la création expérimentale d’objets pour la maison. En tête, un objectif précis : faire du processus de création lui-même, une œuvre artistique.

Pour cela, les artisans disposent de petites quantités d’argiles de couleurs sur la base neutre d’assiettes et de verres prémoulés, avant de les écraser sous une presse.

« Le procédé réclame une certaine dose de chance et d’accident, ce qui en fait quelque chose de beaucoup plus intéressant pour l’artisan, qui ne connaît jamais à l’avance le résultat. » Lewis Jones du collectif Assemble

Un résultat toujours différent, toujours surprenant, et toujours réussi grâce à l’intelligent choix préalable des couleurs. On veut tout. 

Publié le : 19/09/2017
Rubrique : À voir