Portrait intérieur : Sandrine Faivre, la rigueur au service des émotions

Publié le : 12/07/2017
Pour cette série de Portraits intérieurs, nous sommes allés à la rencontre de ceux qui chargent nos lieux de vie en émotions : les architectes d’intérieur. Ils nous parlent ici de leurs projets, de ce qui les touche et les interpelle, et de l’émoi qu’ils aiment voir naître dans le regard de ceux qui croisent leur chemin. Confidences.

Sandrine Sarah Faivre nous a donné rendez-vous dans l’intimité de son petit studio partagé, rue Lucien Sampaix. Derrière une porte dérobée, une pièce noire nous avale tout entier, avant de dévoiler çà et là quelques touches de lumière complices. Du marbre blanc, de lourds vases couronnés de fleurs printanières, un rideau de fils d’or qui répond à une porte en métal doré. On se sent instantanément bien, avant même d’y avoir pensé. « C’est l’objectif premier des archi d’intérieur : rendre la vie de ceux qui font appel à nous plus agréable », nous glisse Sandrine dans un sourire.

Pour cela, cette professionnelle passionnée prête autant attention au sens esthétique qu’à l’aspect pratique. Sans parler de style, elle est profondément attachée à la lisibilité et à la sobriété des espaces, qu’elle souligne de matières sophistiquées et relève de détails élégants.

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Les espaces sont comme des pages blanches sur lesquelles on dessine des sensations, des surprises qui créent de la nourriture pour les yeux.
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On retrouve ce leitmotiv dans les projets qu’elle partage avec Tristan Auer (designer de l’année Maison&Objet 2017) pour de grandes maisons de luxe comme Cartier et Jaeger-LeCoultre, ou des adresses de légende comme Le Crillon.

« Ce sont des challenges extraordinaires que de travailler sur des projets prestigieux, comme le rez-de-chaussée de ce palace mythique. A côté de ça, j’avoue avoir une intuition depuis toujours pour le résidentiel », confie Sandrine.

L’appartement Bastille

Sandrine a ses fidèles qui la réclament de projet en projet. Selon elle, ce sont les belles rencontres qui font les beaux projets. « J’ai toujours la personnalité du client chevillée au corps, mais j’aime l’emmener plus loin. Au fur et à mesure, c’est l’intuition qui guide l’écriture de l’espace. »

Après avoir entièrement pensé une superbe maison de vacances en Corse, elle travaille aujourd’hui simultanément sur un appartement de 200m2 dans le 16ème avec une vue imprenable sur les plus beaux monuments de Paris, un 400m2 voisin du Parc Monceau, et un autre appartement de 400m2 lui aussi, situé rue de Varennes.


Je choisis des objets qui parlent à l’âme, chacun placé au bon endroit, pour créer de vraies conversations entre les éléments.
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Une poésie de l’objet pour nous, une évidence de l’expérience pour cette diplômée de l’école Boulle qui exerce depuis maintenant 15 ans. Et ses premières amours avec le graphisme n’y enlèvent rien. De son passage par la 2D, Sandrine a gardé une affection pour les formes tracées, pour le minimalisme pointu, la typographie (de l’espace) et la justesse des couleurs. Une précision brillante, née aussi d’un travail de recherche passionnant, d’une solide culture des matières et de l’objet, et d’idées qu’elle aura laissé maturer.

La maison de Corse

Aujourd’hui elle cherche à exprimer encore plus son style, dans des lieux qui appellent à la liberté. « Je rêve de faire à nouveau une maison de vacances, de l’habiller de lin, de pierre corail, de lave émaillée, de terre mêlée, de marbre pastèque… »

On ne saurait dire si l’étincelle qui brille dans ses yeux est le reflet des fils d’or qui caressent son épaule ou celui de la passion qui la dévore d’idées. Ce que l’on sent avec certitude en tout cas, c’est la force du talent qui émane d’elle, et qui troublerait n’importe qui. Ce sont les belles rencontres qui réveillent les belles émotions.

Publié le : 12/07/2017
Rubrique : À voir